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LE LIVRE LIBRE
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Le journalisme de grand‑papa est mort, vive le néojournalisme Il ne s'agit plus du témoignage de celui qui seul est allé voir pour informer la multitude de
ceux qui n’ont pas vu: désormais, on voit presue tout , tout de suite, il ne s’agit plus du soliloque vertical de l’expert à l’adresse des ignorants : dorénavant, le savoir est plus grand et le
sceptiques general, il ne s’agit plus enfin du sermon partisan du supplétif politique à l’usage de militants déjà convaincus : aujourd’hui le prêt à penser est le degré zero de l’analyse (…) Le
no-journalisme est modeste, il accept, voire sollicitite la contradiction, il anime l’agora sans l’accaparer, il aiguise l’esprit critique de ses lecteurs et entretient leur curiosité comme on
souffle sur un brasier. Le néojournaliste est toujours du côté de la raison, mais il n’a pas toujours raison. Et s’il colore son blog et ses articles de passions subjectives, c’est pour montrer
qu’il appartient à la meme comunauté que ses lecteurs.
Page 26 et 28, Bruno Patino, directeur de France-Culture, ex patron du Monde interactif, qui a animé l'une des commission des Etats Généraux de la presse :
“Si le journalisme d’opinion et de commentaire connaît aujourd’hui une vraie explosion, liée à l’Internet et à la blogosphere, ce qui faisait jusqu’ici le socle de ce métier,
c’est-à-dire la collecte de l’information sur le terrain, connaît une crise inquiétante."
Enfin, Loïc Le Meur, connu pour avoir conseillé Sarkozy en matière de blog en 2006, livre son verdict :
"Les journalistes vont devoir écrire autrement, chercher leurs informations et des illustrations multimédias que Internet, composer avec les blogs d’experts, les contributions de particuliers – qui vont devenir des auteurs à part entière – tout en conservant cette rigueur et ce professionnalisme qui font tant défaut au web."
Prévenant la bienpensance qui,- il ne fallait pas être grand clerc pour s'en douter,- aller présider aux travaux du forum chrétiens-musulmans réunis à Rome du 4 au 6 novembre 2008, 144 chrétiens (catholiques, protestants, orthodoxes) ont pris l'initiative de lancer l'appel qu'on peut lire ci-dessous :
jean-paul yves le goff
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À l'occasion de la rencontre de ROME:
Appel pressant des chrétiens venus des pays musulmans ou y vivant :
- À la délégation représentant les Cent trente huit (138) signataires, Guides Religieux et Personnalités Musulmanes, de la lettre du 13 octobre 2007, adressée à tous les guides des Eglises chrétiennes.
- Aux experts de l’Eglise Catholique choisis par les autorités du Vatican à cette rencontre du 4 au 6 novembre 2008.
Pour la gloire de Dieu, Paix et Salut sur vous.
Nous avons découvert, il y a un an, dans la presse, la lettre appelant au dialogue, dont vous êtes conjointement signataires. Elle était adressée, c’est une première selon beaucoup de commentateurs, à tous les responsables chrétiens, dont le Pape, qui a décidé d’y répondre en initiant cette rencontre.
Nous nous sentons d’autant plus concernés que certains médias lui ont donné pour titre :
« L’Islam n’est pas contre les chrétiens ».
Venant de différents pays où la religion musulmane régit tous les aspects de la vie en société, quand ce n’est pas la « charia » qui fait force de loi, nous ne pouvons que nous réjouir d’une telle prise de conscience.
De sorte que nous posons cette question, simple et légitime : le temps n’est-il pas enfin venu de prendre en considération les chrétiens vivant minoritairement en pays musulman ? Car leurs conditions de vie, déjà marquée par l’insupportable état de « dhimmis », et ceci depuis des siècles, se trouvent aggravées avec la montée de l’islamisme militant apparu ces derniers temps dans leurs pays respectifs.
Quant aux néo-chrétiens, ou convertis, ils n’ont tout simplement aucun droit d’exprimer leur nouveau choix religieux, sous peine d’être condamnés comme apostats, à tel point qu’ils sont contraints de s’exiler, quand ils le peuvent.
Le cas le plus célèbre ayant défrayé les chroniques étant celui de Abdul Rahman, de l’Afghanistan, qui n’échappa à la pendaison que par suite des interventions des plus hautes autorités mondiales. D’autres, hélas, n’ont pas eu cette chance, tel Rami Khader Ayyad de Gaza, et ce n'est pas le dernier…
Voilà donc trois sujets urgents, et préalables, à ce dialogue de vérité que nous appelons, nous aussi, de tous nos vœux :
- la loi islamique ne saurait s’appliquer à des non musulmans.
- la dhimmitude, qui fait des chrétiens des exclus et des parias, n’est plus acceptable et doit être abolie, car elle porte atteinte à la dignité humaine, tout comme l’esclavage.
- la liberté de changer de religion doit être partout reconnue comme un droit fondamental, un droit qui vient de Dieu lequel ne force personne à L’adorer.
Le Coran le reconnaît du reste : en religion pas de contrainte (sourate 2, verset 256). Toutefois le Hadith connu contredit cette belle affirmation :
«Mais sans aucun doute je les aurais tués puisque le Prophète a dit : si quelqu’un (un musulman) s’écarte de sa religion, tuez-le. » (Récit d’Ikrima, Bukhari LII 260).
Hélas certains états ont inscrit dans leur constitution (Mauritanie) cette sentence qu’ils appliquent, malgré la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948.
Notre appel se veut respectueux mais pressant, et nous l’adressons bien sûr à vous, les honorables délégués des Cent trente huit signataires, qui avez eu cette heureuse initiative, bien que nous n’ignorons pas le problème de légitimité qui se pose en Islam, puisqu’il n’y a pas d’autorité religieuse décisionnaire reconnue par tous.
Nous l’adressons également aux frères chrétiens, désignés en tant que spécialistes par les autorités du Saint Siège. Mais également à tous les autres, et notamment à ceux qui oeuvrent depuis des années dans ce qui est appelé, généralement, le dialogue interreligieux et, précisément pour le dialogue islamo-chrétien. En leur posant fraternellement cette question : comment se fait-il que des personnalités musulmanes en vue souhaitent susciter aujourd’hui un dialogue, alors que cela fait plus de 30 ans qu’on nous dit qu’il existe ?
Nous espérons, enfin, qu’il est devenu évident, pour tous, que ce dialogue islamo-chrétien souhaité et nécessaire, doit tenir compte des chrétiens qui vivent dans le monde dit « musulman », ou qui en viennent. Nous écarter, ou nous oublier, relèverait soit d’une ignorance feinte, soit d’une volonté manifeste de ne pas aborder les questions qui fâchent.
L’actualité, hélas, ne cesse de le démontrer : les chrétiens en monde musulman sont en sursis et en péril.
Nous mettons les croyants au Dieu unique face à leur responsabilité : Il leur sera demandé compte, à tous, de leurs actes.
Dieu, dés le commencement de l’humanité, nous donne dans la Bible cette indication forte, qui est un avertissement :« Mais je demanderai compte du sang de chacun de vous. » Gn 9,5
Cela renvoie à cet autre interrogation divine, au lendemain du premier crime :« Yahvé dit à Caïn : « qu’as-tu fait ! Ecoute le sang de ton frère crier vers moi du sol ! » Gn 4,10
Et, dans la Nouvelle Alliance, en écho, l’avertissement est on ne peut plus clair :
« En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » Mt 25,40
Pour nous l’enseignement qui nous est donné par Jésus se passe de commentaire : ce que nous faisons de bien ou de mal à notre frère humain, c’est à Dieu que nous le faisons.
Le dialogue de vérité auquel nous appelons, pour qu’il aboutisse à l’amour du prochain, l’idéal à atteindre admis par tous, comme vous le proclamez justement dans votre lettre, doit avoir pour objet la relation de l’homme à son frère quel qu’il soit. Du reste notre prochain n’est-il pas d’abord celui qui nous est géographiquement proche ?
Quant à Dieu, qui nous demande de L’aimer et de L’adorer pour notre bien et notre salut éternel, chaque croyant doit s’efforcer d’établir avec Lui une relation de foi toute personnelle, dans laquelle nul n’a le droit de s’immiscer, puisqu’en vérité personne ne peut sonder son cœur sinon le Créateur de toute chose, à la fois invisible et omniscient, juge et plein de miséricorde.
Venons en donc, par nos actes de paix et de pardon, à Sa louange quotidienne : Gloire à Lui qui nous a aimés le premier pour les siècles des siècles !
Les signataires de cet appel, au nombre de 144, catholiques, protestants et orthodoxes, sont pour moitié des convertis néo-chrétiens, et des chrétiens du Proche-Orient, soit 77 ; l’autre moitié se compose de chrétiens européens, conscients des problèmes rencontrés par leurs frères.
En leur nom, le pasteur aumônier évangélique Saïd, du Maroc, baptisé en 1989, et Mohammed-Christophe, laïc catholique baptisé en 1970, auteur d’un Algérien pas très catholique.
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http://www.cite-catholique.org/viewtopic.php?p=60576
Les dignitaires cathos et les dignitaires musulmans se sont séparés à l'issue de leur forum tenu à Rome du 4 au 6 novembre, non sans avoir publié un communiqué commun et avoir décidé d'une nouvelle rencontre dans deux ans.
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Ils sont parfaitement satisfaits les uns des autres. Ils le seraient sans doute beaucoup moins s'ils avaient eu le courage d'affronter les vraies questions qui les opposent.
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Pour en savoir plus, ou du moins pour savoir ce que la presse bien pensante en dit, voir mon blog, rubrique revue de presse ; l'adresse est :
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1) La Croix :
http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2355206&rubId=4078
06/11/2008 13:07
Musulmans et catholiques marquent une nouvelle étape dans leur dialogue
Un message commun signé par les membres du Forum islamo-catholique, rendu public jeudi 6 novembre au terme de trois journées de discussions, reconnaît la liberté de culte en privé et en public
C’est la méthode Benoît XVI. Deux ans après le discours de Ratisbonne, on peut sans doute affirmer avec lui que le Forum islamo-catholique qui s’est tenu cette semaine a bien marqué « une étape de plus dans une meilleure compréhension entre musulmans et chrétiens ».
Pas de grands gestes symboliques, si ce n’est une rencontre, jeudi matin, extrêmement chaleureuse, dans les appartements du pape. Mais une vraie discussion de deux jours, à huis clos, sur des sujets difficiles, pas toujours consensuels. Et un message final dans lequel est notamment reconnue la liberté de culte, en privé comme en public.
Finalement, en mettant l’accent, à Ratisbonne, sur le lien nécessaire entre raison et foi, et en défiant l’islam de faire ce lien aujourd’hui, le pape a sans doute provoqué cette rencontre de haut niveau. Tous les intervenants étaient d’accord pour reconnaître l’exceptionnel sérieux des débats. Comme l’a dit avec finesse Seyyed Hossein Nasr, « nous avons bien observé une vraie convergence entre nous sur les relations entre foi et raison ».
La règle du silence, imposée par le cardinal Jean-Louis Tauran à l’ensemble des participants durant toute la semaine, et qui a été vraiment respectée, y a sans doute contribué. De même que le très haut niveau des participants, avec un nombre non négligeable d’universitaires et de chercheurs de part et d’autre. « Il y a eu une vraie écoute, témoigne encore un des musulmans. Nous nous sommes parlé franchement, avec charité, ou, comme nous disons, miséricorde. »
Les participants ont pu aborder les points qui fâchent
Charité ou miséricorde ? En tout cas, à huis clos, les participants ont pu aborder les points qui fâchent. Certains moments furent très forts, témoigne l’un d’eux, lorsque Mgr Paul Hinder a très clairement posé la question du manque de libertés religieuses en monde arabe. Ou encore, avec les propos émouvants tenus par Mgr Jean-Clément Jeanbart, archevêque greco-melchite d’Alep en Syrie.
Les musulmans, de leur côté, ont évoqué leur difficulté avec un prosélytisme chrétien jugé trop agressif, et qui s’appuie sur la puissance technologique et financière de pays occidentaux. « Nous voulons être compris non comme diplomates, a encore dit Seyyed Hossein Nasr, mais comme chercheurs religieux sincères devant Dieu et responsables devant lui plus que devant les autorités du monde. » « Nous nous sommes débarrassés de nos étiquettes de représentants du Vatican pour parler avec notre cœur », reconnaît de son côté un des catholiques.
« Sur le fond, il n’y a aucune nouveauté, explique cependant un des experts catholiques. Mais la méthode et le climat l’ont été : nous avons essayé de voir concrètement comment le monde avait besoin du religieux dans une société sécularisée, pour tisser la paix sociale. »
"Un acte courageux et responsables"
Le message commun, rendu public jeudi soir, tient en trois pages : une présentation de l’amour de Dieu et du prochain, pour les chrétiens et les musulmans, puis des affirmations sur un certain nombre d’engagements communs dans le monde, en matière de formation de la jeunesse, de développement social et économique, et surtout de liberté. Il comprend aussi, à la demande des musulmans, une affirmation sur le terrorisme, qui n’est pas le fait d’une seule religion, et aussi une condamnation de toute dérision de la religion et de ses symboles.
« Cela ne fut pas évident, avoue cependant un des participants catholiques, plus mitigé après trois jours de discussion. D’abord, on a parfois le sentiment que les musulmans veulent profiter de l’Église pour se donner une image de respectabilité. Et puis, ils cherchent à nous embarquer sur des problèmes politiques, notamment la Palestine. Enfin, il a été difficile de se mettre d’accord sur la liberté religieuse. »
C’est en effet sur le point 5 du message final, sur la liberté de culte, discuté jusqu’à la dernière minute, que les discussions furent le plus tendues. Les musulmans étaient très réticents à introduire la reconnaissance de la liberté de culte en public. Grâce au mufti de Bosnie-Herzégovine, qui a expliqué qu’il fallait aussi le faire pour les musulmans qui vivent en Europe, les catholiques ont eu gain de cause sur ce point. « Nos interlocuteurs musulmans nous ont bien confié qu’ils savaient que ce geste serait très mal perçu par certains de leurs coreligionnaires. C’est de leur part un acte courageux et responsable », confiait, ému, un participant catholique en sortant du Vatican. Dans le message, les participants sont convenus de se retrouver dans deux ans.
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Isabelle DE GAULMYN, à Rome |
2) Le Monde :
http://www.lemonde.fr/europe/article/2008/11/07/benoit-xvi-appelle-les-musulmans-au-respect-de-la-liberte-religieuse_1116040_3214.html
ROME ENVOYÉE SPÉCIALE
Recevant, jeudi 6 novembre, les dignitaires musulmans réunis à Rome pour trois jours de discussions théologiques et sociologiques avec des responsables catholiques, le pape Benoît XVI leur a clairement rappelé sa préoccupation de voir respectée "la liberté religieuse pour tous et partout". "Les responsables politiques et religieux ont le devoir d'assurer le libre exercice des droits fondamentaux dans le plein respect de la liberté individuelle de conscience et de la liberté religieuse", a-t-il déclaré lors de l'audience qu'il a accordée aux participants à cette première édition du Forum catholiques-musulmans.
Selon le pape, la conception différente que musulmans et chrétiens se font de Dieu ne doit pas les empêcher de manifester leur "respect mutuel". S'il ne fait pas officiellement de la "réciprocité" et de la liberté religieuse une condition préalable au dialogue islamo-chrétien, le Vatican s'inquiète régulièrement des violences commises à l'égard des minorités chrétiennes dans les pays musulmans et de l'interdiction de pratiquer la religion catholique, notamment en Arabie saoudite.
Côté musulman, les participants se sont aussi saisis de ce sujet sensible. Tout en rappelant que musulmans et chrétiens "croient les uns et les autres à la liberté religieuse", l'universitaire américain Seyyed Hossein Nasr a mis en garde contre "un prosélytisme agressif qui détruirait notre foi au nom de la liberté". Quant au mufti de Bosnie, Mustafa Ceric, chef de la délégation musulmane, il a rappelé "le génocide subi par (ses) frères bosniaques musulmans" pendant la guerre en ex-Yougoslavie.
Après trois jours de discussions "chaleureuses", "à la franchise inédite", les deux délégations se sont mises d'accord sur une déclaration commune qui appelle au "respect de la personne et de ses choix en matière de conscience et de religion" et défend le "droit pour les individus et les communautés de pratiquer leur religion en privé et en public" ; ce dernier point a été l'un des plus discutés. Le texte final condamne aussi "l'oppression, la violence et le terrorisme, particulièrement celui commis au nom de la religion". "Nous n'étions pas là pour défendre chacun nos minorités, mais pour être au service de la paix et de l'humanité", a estimé Mgr Michel Santier, membre de la délégation catholique...
Le pape s'est aussi félicité de cette rencontre qui marque "un pas supplémentaire sur la voie d'une meilleure compréhension entre musulmans et chrétiens." Reflétant le sentiment général, le chef de la délégation musulmane a fait le pari que l'élection de M. Obama à la présidence des Etats-Unis ne pouvait qu'engendrer "une meilleure compréhension entre musulmans et chrétiens". C'est là, précisément, l'enjeu politique de ce Forum qui devrait se réunir dans deux ans dans un pays musulman.
Stéphanie Le Bars
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