Vendredi 19 septembre 2008 5 19 /09 /Sep /2008 10:08
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Publié le 18/09/2008 N°1879 Le Point

Foi et raison

http://www.lepoint.fr/actualites-chroniques/foi-et-raison/989/0/274922

Claude Imbert

 

Ils n'ont pas l'air de ce qu'ils font. Benoît XVI-image de conservateur rigide-se fait, en penseur de Dieu, plus novateur que feu Jean-Paul II, icône charismatique. Et Sarkozy, qui écorna quelques normes du mariage chrétien, s'affranchit, en faveur des Eglises, d'une contention laïque que ses prédécesseurs s'imposaient. Leur cérémonieuse rencontre agite un pays singulier : la France, jadis fille aînée de l'Eglise, est devenue fille aînée de la laïcité. Et fille cadette de l'islam européen.

(...)

Benoît XVI, manières suaves, cache ses audaces sous l'austérité cryptique du théologien. Il abordait, en France, la nation du monde la plus déliée de ses fidélités catholiques. Plus d'un Français sur deux se dit étranger à son Eglise, et moins de 10 % sont assidus au culte. La ferveur jeune et festive de quelques rassemblements occasionnels ne dément pas un déclin lent mais régulier de l'Eglise. L'idée de Dieu, d'un principe vague et créateur, y est moins abandonnée que la croyance en son incarnation dans la personne du Christ. La révélation chrétienne, le crédit des Evangiles, ses fables d'Adam et Eve sur la création de l'homme sont de moins en moins acceptés. La religion, à force d'être désobéie (contraception, par exemple), est de moins en moins considérée.

La désaffection vient, en fait, d'un assèchement progressif des croyances religieuses, plus vécu que délibéré ; de l'envahissement, dans nos espaces mental et social, des sciences et des techniques ; de la diffusion éducative, médiatique d'un savoir empirique et rationnel.

Où le pape innove, c'est, face à ce positivisme, par la considération éminente qu'il voue à la raison. Il écarte l'apologétique qui fait de la foi une illumination d'essence irrationnelle, étrangère et supérieure à la raison. Bien sûr, il rappelle que la foi répond à des questions essentielles auxquelles la raison positive ne répond pas. Mais, « en reconnaissant la grandeur du développement moderne de l'Esprit », il place le questionnement divin non plus au-dessus, mais parmi les apanages mêmes de la raison. Il quitte la négation (intenable) des acquis décisifs de la science. Il s'éloigne du créationnisme, accepte de repenser sans oeillères l'évolution de l'espèce humaine. Perspectives d'avant-garde ou arrangements d'arrière-garde ? A vous de juger...

Voyons en tout cas que ce refus d'asservir la raison au diktat de la foi n'est pas sans conséquences politiques. Le fanatisme, insensible aux conseils de la raison, s'y trouve condamné. Et avec lui, j'imagine, un christianisme du glaive, celui jadis des croisades et de l'Inquisition. Quid, alors, de l'islam, où la raison et la science sont, elles, asservies à la vérité sacrée du Coran ? Quid de l'impératif intégriste du djihad ? En fait, l'islam modéré, en maintes voix dispersées, condamne de plus en plus le fanatisme extrémiste. Mais il ne dispose pas, pour ce faire, de l'autorité ecclésiale d'un pape. C'est grand dommage !

(...)

J'imagine aussi que Sarkozy envie parfois ces nations-les Etats-Unis au premier chef-où les religions chrétiennes apportent un indiscutable ciment à la cohésion publique. Où la morale et les interdits du péché freinent maints désordres privés. Où la consolation de l'« au-delà » apaise la détresse des malheureux. Où la religion joue un rôle-que prisait Napoléon-de pacificateur des tensions intérieures.

Ce n'est plus le cas en France. Non que la laïcité républicaine interdise l'envol des religions : elle les empêche seulement d'investir l'espace public. Mais observez qu'en Europe notre laïcité fait des envieux. Alors, n'y touchons pas !

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Jeudi 18 septembre 2008 4 18 /09 /Sep /2008 10:47
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1) Politis

http://www.politis.fr/Recidive-antilaique,4442.html 

RÉCIDIVE ANTILAÏQUE

PAR DENIS SIEFFERT

jeudi 18 septembre 2008

 

 

Et vous, vous êtes plutôt « Lourdes » ou plutôt « La Courneuve » ? Don Camillo ou Peppone ?

(...). La coïncidence des dates offre tout juste l’occasion de pointer l’incroyable déséquilibre des traitements médiatiques entre ces deux France, celle qui croyait au ciel et celle qui n’y croyait pas. L’occasion aussi de dire un mot du débat sur la laïcité. Contrairement à ce que donnait à voir notre télévision, et même notre presse écrite, ils n’étaient pas moins nombreux du côté du parc de La Courneuve qu’aux abords de la basilique de l’Immaculée Conception. Mais nos caméras, ces jours-ci, étaient borgnes. Et nos objectifs terriblement subjectifs. Signe des temps, la grand-messe communiste, elle, ne fait plus recette dans nos médias. Tandis que notre nouveau pape, homme de toutes les régressions, accapare les unes et les ouvertures des journaux télévisés. Au point que ce monopole peut être facilement ressenti comme une agression par ceux qui ne croient pas, ou croient autrement, ou qui, chrétiens, ont une autre conception de leur religion. Cet envahissement de l’espace public est-il en soi attentatoire au principe de laïcité ? Oui. Il l’est à la manière de la publicité de marque qui tapisse les murs de nos villes et n’offre plus aucune échappatoire à nos regards. Vendredi, samedi et dimanche, c’était le pape gratuit et obligatoire pour tous.

La question de la laïcité se pose d’autant plus que les cadreurs de la télévision n’étaient pas seuls à emboîter le pas du « Très Saint Père ». Le président de notre République aussi était là avec ce zèle religieux qui transforme un voyage privé en affaire d’État, et le prosélytisme papal en opération politique. Car ce n’est pas tant le discours ultraréactionnaire de Benoît XVI qui inquiète, que le chœur que forme avec lui Nicolas Sarkozy. Depuis le discours de Latran par lequel, en décembre dernier, le Président français était allé, en notre nom à tous, faire allégeance philosophique à l’Église, nous savons à quoi nous en tenir [1]

(...

 Mais, dans la bouche de Nicolas Sarkozy, l’expression mue en offensive politique. Dans la phraséologie présidentielle, « les racines de la France sont essentiellement chrétiennes », c’est l’adverbe qui est le plus redoutable. La référence à un essentialisme religieux le rapproche étroitement de la vision des néoconservateurs américains. Or – pour emprunter indûment à Péguy – « tout ce qui commence en mystique finissant en politique », on sait à quelle politique conduit cette vision du monde.

En enjambant allègrement la Révolution française pour exalter la continuité avec l’Ancien Régime, Nicolas Sarkozy ne tient pas un propos sans conséquences. Effacez la Nuit du 4-août et vous avez le paquet fiscal. Célébrez saint Louis et les croisés, et vous avez les aspects positifs de la colonisation. L’histoire n’est jamais innocente. Et on aurait grand tort de penser que cette offensive idéologique est sans implication immédiate. Nous ne prenons donc pas à la légère cette affaire de « laïcité positive », d’autant qu’elle constitue une récidive. Mais, de la même façon, nous avons toujours marqué notre distance ici avec l’exaltation de la laïcité quand celle-ci devient quasi religieuse, et masque grossièrement d’autres objectifs. La laïcité prend tout son sens pour une femme ou un homme de gauche quand elle est consubstantielle au combat social. L’affichage intempestif de leur laïcité par des dirigeants socialistes qui ont abandonné toute ambition d’imposer un autre partage des richesses nous paraît donc suspect. Elle surgit comme un mauvais alibi, une colère surjouée qui cache de lâches renoncements. Comme nous paraît suspecte l’invocation de la laïcité – qui n’est pas la laïcité elle-même – quand il s’agit d’instrumentaliser la peur de l’islamisme. L’exemple récent de l’affaire du tribunal de Rennes qui aurait remis une audience « pour cause de ramadan » a fait promptement les unes de deux quotidiens. Le soufflé est certes rapidement retombé quand on a su qu’il y avait d’autres causes à ce report. Mais il n’y a que l’intention qui compte. Il est d’ailleurs piquant d’observer que cette « laïcité », mal invoquée, finit par jouer le même rôle que l’Église dans le discours de Nicolas Sarkozy : un signe d’appartenance à la « famille occidentale ». 

2) PARIS-MATCH

http://www.parismatch.com/parismatch/dans-l-oeil-de-match/reportages/benoit-xvi-renouvelle-le-message-de-l-eglise/(gid)/51318

 

18 Septembre 2008 - 00:33

Benoît XVI renouvelle le message de l’Eglise

L'événement. Dans un monde qui traverse une crise des valeurs sans précédent, le pape refuse les religions à la carte. L'analyse de Jean-Marie

par Jean-Marie Rouart, de l’Académie française

 

«Au commencement était le Verbe.» C’est par cette phrase fondatrice, inscrite en grec sur le livre d’or de l’Institut, que le pape Benoît XVI a signifié la haute portée intellectuelle dans laquelle s’inscrivait le message chrétien. Cette visite à ses anciens confrères prolongeait et résumait son allocution de la veille, d’un niveau philosophique exceptionnel, au Collège des Bernardins devant 700 intellectuels. Le Pape a placé sa venue en France sous le signe du «verbe» qui inclut l’intelligence, la foi, la culture.

 

L’accueil inattendu qui lui a été réservé, le succès de sa visite ont montré qu’autant que Jean-Paul II, mais d’une manière toute différente, Benoît XVI entend répondre au défi de l’Eglise lancé à un siècle moins disposé que jamais à entendre son message. Non qu’il n’y ait pas une aspiration confuse au spirituel dans un monde qui traverse une crise des valeurs sans précédent, remettant en cause à la fois la tradition, les valeurs, les structures familiales et sociales, mais cette aspiration a du mal à se faire jour. Notamment dans une France tout à la fois profondément inspirée, modelée, imprégnée par le christianisme mais se voulant héritière des Lumières et regimbant de plus en plus aux préceptes de l’Eglise. Des Français sont tentés par l’incrédulité ou par des croyances plus souples davantage en accord avec les principes positifs du monde moderne comme le protestantisme ou le bouddhisme qui permettent d’avoir une religion ou une sagesse à la carte.

 

Cette visite a revêtu un aspect d’autant plus intéressant et palpitant que Nicolas Sarkozy a sur ce sujet des vues originales et percutantes. On pourrait même dire qu’à l’inverse de tous ses prédécesseurs, il est le premier à avoir un discours et une vision sur la question des religions et de la laïcité. A l’exception de De Gaulle. De ce point de vue, rien ne serait plus intéressant que de comparer de Gaulle, homme de foi chrétienne, pratiquant et président laïque de stricte observance, qui n’a que rarement – sinon jamais – abordé la question de la laïcité en public. Il n’a pas théorisé sur la place du christianisme et des religions par rapport à l’Etat. Mais nous savons, car il l’a écrit, quelle était la force de sa foi : «Nous allons – même quand nous mourons – vers la vie.»

 

Cette discrétion officielle ne l’a nullement empêché d’adresser des directives aux cardinaux français lors du conclave en faveur de l’élection de l’ancien nonce Roncalli devenu pape sous le nom de Jean XXIII. La différence entre de Gaulle et Sarkozy ne réside pas seulement dans le fait que le premier y pensait beaucoup mais n’en parlait jamais, tandis que l’actuel président, catholique distrait et plutôt occasionnel, aime à introduire ce sujet brûlant dans le débat public. Pour de Gaulle la seule question qui comptait c’était la France et sa religion dominante, le christianisme, disons le judéo-christianisme puisqu’il s’agit de deux arbres qui ont la même racine et un tronc largement commun. Pour Sarkozy la vision est plus napoléonienne : ce n’est pas la religion chrétienne constitutive de la culture, de la société, de la sensibilité française comme pour de Gaulle, c’est le fait religieux et les religions en France et leur intégration dans la société. S’il répète qu’il assume nos racines chrétiennes, il considère le catholicisme comme une religion parmi d’autres.

 

LA LAÏCITE A PRESQUE TOUJOURS ETE POSITIVE CONCERNANT LA RELIGION CHRETIENNE

 

Nicolas Sarkozy a repris devant le Pape son idée de «laïcité positive» qu’il avait déjà eu l’occasion de développer. Il s’est gardé cette fois d’opposer le prêtre à l’instituteur. Les intentions qui animent le président sont bonnes. Pas de doute là-dessus. Mais il y a un risque à revivifier un vieux débat alors que chacun sommeillait dans la douce quiétude du malentendu. N’est-ce pas ouvrir la boîte de Pandore, en l’occurrence réveiller un islamisme ambitieux mais aussi le syndicat des farouches laïques, athées, bouffe-curés et les foudres de Michel Charasse, notre archange du laïcisme ? La laïcité a presque toujours été positive concernant la religion chrétienne. Un Te Deum a marqué la fête de la victoire en 1918, un autre Te Deum à Notre-Dame a réuni dans Paris libéré tous les Français derrière une statue de Jeanne d’Arc, symbole de la France libre. On connaît le mot de Clemenceau, président du Conseil et anticlérical notoire, rendant visite à Foch pendant la guerre de 14, à qui l’huissier répondait «le généralissime est à la messe.» «Ne le dérangez surtout pas, dit Clemenceau, ça lui a trop bien réussi.»

 

Ce serait une erreur de croire que la République, notamment la IIIe qui fut particulièrement anticléricale, surtout à ses débuts, était en opposition avec les valeurs chrétiennes : le catéchisme républicain n’était qu’une laïcisation de l’Evangile. Cette laïcité est un legs fondamental du christianisme. Le Pape a rappelé l’Evangile : «Rendez à César ce qui est à César.» Mais la distinction entre la religion et le laïque s’est faite, ce qu’on sait moins, à l’origine même de la monarchie française. Clovis, le lointain prédécesseur de Sarkozy, a eu à choisir entre l’arianisme, qui lui offrait les pleins pouvoirs humains et divins, et le christianisme qui séparait le pouvoir politique du pouvoir religieux. L’intuition géniale de Clovis a été – outre qu’elle lui a permis de devenir l’héritier de la romanité chrétienne – d’éviter une divinisation du pouvoir, une théocratie qui aurait pu – on le voit en Orient – difficilement donner naissance aux droits de la personne humaine, à la démocratie, à la république, à la laïcité.

 

Ce n’est pas un hasard mais un symbole d’une grande portée si le Pape a commencé sa visite en France par une rencontre avec les intellectuels et l’a achevée à Lourdes, lieu du miracle par excellence et du culte marial. Après l’éloge de la raison et de la culture par laquelle passe la parole de Dieu, il s’est rendu dans la grotte de Massabielle pour bien marquer le mystère du divin qui échappe à nos esprits rationnels, les miracles témoignant à la fois du surnaturel et du secours qu’un Dieu miséricordieux par l’intercession de la Vierge accorde aux plus malheureux, aux grands malades.

 

La grande révélation, pour les Français encore sous le charme de la personnalité de Jean-Paul II qui avait un rapport charnel avec la France, c’est d’avoir trouvé en Benoît XVI un très brillant intellectuel, un théologien de première force. Loin d’ignorer les grands adversaires de l’Eglise dont l’ombre hante la pensée moderne, Marx et son opium du peuple, Nietzsche qui voit dans les chrétiens un peuple d’esclaves et de vaincus de la vie, il les combat sur leur propre terrain des idées. Si Benoît XVI contre toute attente a tant plu aux Français, c’est qu’ils ont trouvé en lui un théologien capable de mettre le christianisme dans la perspective des Lumières du XVIIIe siècle. Ils ont été reconnaissants à Benoît XVI de leur avoir montré que la raison et la culture n’étaient pas incompatibles avec la foi.

3) Valeurs actuelles

http://www.valeursactuelles.com/public/valeurs-actuelles/html/fr/articles.php?article_id=3291

 

Plébiscite pour la laïcité "positive"

 

Fabrice Madouas, le 18-09-2008

 

 

 

 

 

SIPA

Pour 78 % des Français, les religions contribuent à transmettre repères et valeurs aux jeunes.

 

 

Toute la semaine, ils auront tenté d’allumer la polémique pour se distinguer du chef de l’État. François Hollande : « La laïcité est en danger quand elle n’est pas défendue par celui qui en a la charge. » François Bayrou : « Ajouter un adjectif à la laïcité [positive, NDLR], c’est vouloir changer le sens du mot. ». À lire les résultats de notre sondage réalisé le 15 septembre, à voir l’accueil réservé par les Français à Benoît XVI, les deux François paraissent bel et bien en décalage avec le sentiment général : 78 % des Français (près de 4 sur 5) jugent que “les religions peuvent contribuer à transmettre aux jeunes des repères et des valeurs positives : respect de l’autre, tolérance, générosité”.

 

C’est précisément ce qu’affirmait Nicolas Sarkozy le 27 décem­bre à Saint-Jean-de-Latran et qu’il a répété le 12 septembre à l’Élysée : « J’appelle de mes vœux l’avènement d’une laïcité positive qui, tout en veillant à la liberté de penser, à celle de croire et de ne pas croire, ne considère pas que les religions sont un danger mais plutôt un atout », a-t-il dit, en rappelant que « la laïcité [n’avait] pas le pouvoir de couper la France de ses racines chrétiennes ».

 

Fait remarquable, cette opinion est presque unanimement partagée par les Français, quels que soient leur âge (77 % des moins de 35 ans sont “plutôt d’accord” avec cette affirmation) et même leur préférence partisane : 71 % des sympathisants de gauche sont de cet avis… et 90 % de ceux de l’UMP ! Sans surprise, ce sont les catholiques pratiquants qui sont les plus nombreux à partager cette idée (96 %), mais celle-ci recueille aussi une majorité de suf­frages chez les Français qui se dé­clarent sans religion (58 %) !

 

 

Moins spectaculaires mais tout aussi intéressants, les résultats à la question sur la laïcité (tableau page 31). Si 56 % des Français la définissent comme “la possibilité laissée à chaque citoyen de pratiquer sa religion” (soit 5 points de plus qu’un précédent sondage datant de 2005), 24 % seulement la définissent comme “l’interdiction de manifester son appartenance religieuse dans les services publics” : c’est 6 points de moins qu’en 2005. Comment expliquer cette évolution ? Par les interventions répétées de Nicolas Sar­kozy ? Sans doute. Mais on peut aussi rappeler que le débat sur les religions était encore marqué, en 2005, par la querelle sur le port du voile islamique, interdit à l’école l’année précédente, comme tout insigne religieux. On ne peut exclure que le sentiment des Français évolue selon le contexte, c’est-à-dire selon que le débat porte sur l’islam ou sur le christianisme.

 

Là encore, cette définition “positive” de la laïcité est partagée par la majorité des Français, quels que soient leur âge, leur préférence partisane et même leur confession : elle est adoptée par 65 % des sympathisants de la droite et par 47 % des sympathisants de la gauche (28 % seulement d’en­tre eux définissant la laïcité comme une interdiction).

 

La visite de Benoît XVI en France aura-t-elle changé quel­que chose au comportement des Français ? Tout dé­pend de la population que l’on considère. Qu’une majorité de Français se déclarent assez indifférents ne surprend guère, compte tenu de l’état de la pratique en France. Mais 33 % quand même disent que la vi­site du pape leur a “plutôt plu”. C’est le cas, surtout, de 54 % des électeurs de l’UMP, mais de 18 % seulement de ceux du MoDem (et 19 % des sympathisants de la gauche), ce qui explique sans doute les réserves de François Bayrou, soucieux de “coller” à des électeurs qui, sur ce point, se rapprochent plus de la gauche que de la droite.

 

Il faudra, quoi qu’il en soit, du temps pour juger des effets de cette visite sur la France. Il faudra aussi que les discours soient suivis de décisions concrètes : « Dans le cadre institutionnel existant et dans le plus grand respect des lois en vigueur, il faudrait trouver une voie nouvelle pour interpréter et vivre au quotidien les valeurs fondamentales sur les­quelles s’est construite l’identité de la nation », a dit Benoît XVI à Lourdes. À Nicolas Sarkozy de donner désormais un ­contenu à cette laïcité qu’il veut positive. 

 

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Mardi 16 septembre 2008 2 16 /09 /Sep /2008 12:37
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1) Ouest-France : 

 

http://www.ouest-france.fr/Laicite-Le-discours-de-Sarkozy-a-evolue-/re/actuDet/actu_3636-704544------_actu.html

 

 

Philippe Portier est directeur du groupe « Religions, sociétés, laïcités » à l'École pratique des hautes études.

Quoi de neuf sur la laïcité en France après le passage du pape ?

Du côté de l'Église, on note une grande continuité, quand le pape insiste sur les racines chrétiennes de la France, quand il affirme le rôle irremplaçable de la religion dans la construction d'un consensus éthique. Et rappelle que l'Église catholique doit être écoutée par l'État.

Et dans les propos du chef de l'État ?

Continuité, aussi, quand Sarkozy rappelle l'importance de la religion dans la réflexion autour de la dignité de l'homme. Il faut, souligne-t-il, placer les religions au coeur des dispositifs de dialogue. Mais évolution, quand il insiste, plus que dans des discours précédents, sur la pluralité des racines de la culture française. Le chef de l'État a évoqué le judéo-christianisme, bien sûr, mais il n'a pas oublié la Grèce et les Lumières. Ensuite, il y a une ouverture plus nette aux incroyants, qu'on ne définit plus par le manque et notamment le manque d'espérance. Enfin, on relève une ouverture aux autres religions appelées, elles aussi, à apporter leur contribution. C'est donc une approche beaucoup moins catholico-centrée qu'à la basilique du Latran, car Sarkozy a enregistré les remarques nées de la polémique.

Ce qui n'empêche pas une relance de cette polémique autour de sa « laïcité positive »...

C'est une polémique extrêmement limitée. Il faut quand même noter l'échec complet des manifestations laïques auxquelles le PS s'est bien gardé de participer. Peut-être 1 500 personnes mobilisées ? On n'est plus au début du XXe siècle ni même en 1950. Les prises de position politiques sont également très convenues. Elles reposent sur l'idée que la laïcité est intangible. Et il s'agit plus d'arguments polémiques contre Sarkozy que dément, d'ailleurs, la pratique des socialistes, quand ils sont au pouvoir, notamment au niveau local. On remarquera que jamais l'Église et le pape ne sont attaqués en tant que tels.

Recueilli par Pierre TANGUY.

 

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2) Les Echos

 

http://www.lesechos.fr/info/france/4772447.htm

 

LES ECHOS : (16 septembre)

 

Laïcité : le pape achève sa visite, le PS poursuit ses critiques

 

Le PS s'est une nouvelle fois insurgé contre la conception de la laïcité défendue par Nicolas Sarkozy alors que s'est achevée hier la visite de quatre jours du pape Benoît XVI en France. Le chef de l'Etat est « sorti totalement de son rôle » avec son « discours qui remet en cause ce qu'est la laïcité », a affirmé Stéphane Le Foll, directeur de cabinet de François Hollande, lors du point de presse hebdomadaire du PS : « Au lieu de garantir ce que sont les fondements de la République, la laïcité en particulier (...), il est venu s'immiscer en tant que président de la République dans un débat où il n'aurait pas dû venir », a-t-il affirmé. Le pape Benoît XVI a par ailleurs terminé sa visite hier à Lourdes par une messe aux malades. Il a estimé « nécessaire une nouvelle réflexion » sur la laïcité et a appelé l'Eglise de France à assumer les positions conservatrices qu'il a exposées.

 

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3) Libération :

 

http://www.liberation.fr/actualite/societe/352161.FR.php

 

La visite du pape en six lettres

CATHERINE COROLLER

QUOTIDIEN : mardi 16 septembre 2008

 

L COMME LAÏCITÉ

Vendredi midi, à l’Elysée, le pape rend hommage à «l’expression, belle, de "laïcité positive"» employée à plusieurs reprises par Nicolas Sarkozy. Se posant en interlocuteur du gouvernement français sur le sujet, Benoît XVI affirme que «restent encore ouverts certains terrains de dialogue qu’il nous faudra parcourir et assainir peu à peu», et appelle à une «nouvelle réflexion sur le vrai sens et sur l’importance de la laïcité». Pour lui, l’opinion publique y est prête car «les présupposés sociopolitiques d’une antique méfiance ou même hostilité [entre l’Etat et l’Eglise] s’évanouissent peu à peu», affirmera-t-il, samedi soir, dans son discours aux évêques.

R COMME RACINES CHRETIENNES

Vendredi soir, au collège des Bernardins où est réuni le «monde de la culture», Benoît XVI revient sur «les racines de la culture européenne». Pour lui, ce qui a «fondé» cette culture, c’est «la recherche de Dieu et la disponibilité à l’écouter». «Une culture purement positiviste, qui renverrait dans le domaine subjectif comme non scientifique la question concernant Dieu, serait la capitulation de la raison, le renoncement à ses possibilités les plus élevées et donc un échec de l’humanisme, dont les conséquences ne pourraient être que graves», déclare-t-il.

Dans son discours prononcé hier à l’aéroport de Tarbes, Benoît XVI a rappelé que «la culture et ses interprètes sont [pour moi] des vecteurs privilégiés du dialogue entre la foi et la raison, entre Dieu et l’homme».

(+ D comme Dieu , I comme idoles, J comme jeunes, M comme mariage)

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4) 20 minutes

http://www.20minutes.fr/article/252548/France-Le-Sarko-catho-ne-fait-pas-l-unanimite.php

Le Sarko catho ne fait pas l'unanimité

Nicolas Sarkozy est un récidiviste. Neuf mois après son discours à la basilique de Saint-Jean-de-Latran, à Rome, le président de la République a redéfendu ce week-end devant le pape Benoît XVI une « laïcité positive ». Une redéfinition de la laïcité à la française qui a relancé la polémique, à gauche mais aussi à droite, sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat.

(...)

Un virage politico-religieux qui pourrait avoir des retombées dans le débat public. Pour la journaliste Caroline Fourest*, Nicolas Sarkozy « souhaite que l'on tienne davantage compte de l'avis de l'Eglise sur des sujets comme l'avortement, l'euthanasie, ou la recherche sur les cellules souches [...] Ce n'est plus l'intérêt général qui prime mais le respect des sensibilités religieuses ».

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5) Le Figaro

 

 

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2008/09/15/01016-20080915ARTFIG00277-le-pape-reclame-des-gestes-sur-la-laicite-positive-.php

 

Le Pape réclame des gestes  sur la «laïcité positive»

 

Guillaume Tabard - 15/09/2008 ---

 

le successeur de Jean-Paul II a rappelé que l'Église, dans son approche de la laïcité, ne cherchait pas à défendre ou conquérir des positions dominantes, mais parler et dialoguer «avec liberté». «L'Église ne revendique pas la place de l'État et ne veut pas se substituer à lui». Prenant acte, de manière sans doute optimiste, que les «présupposés sociopolitiques d'une antique méfiance, ou même d'hostilité, s'évanouissent peu à peu», Benoît XVI réclame «une saine collaboration entre la communauté politique et l'Église».

 

Instance de dialogue

 

Dans son discours, le Pape s'en est tenu à ce principe général, sans citer d'exemples de cette «collaboration».  Il souhaite que la main tendue par Nicolas Sarkozy, en décembre au Latran et vendredi à l'Élysée, soit saisie par les autorités catholiques. L'outil de dialogue existe, a-t-il rappelé, en mentionnant l'instance de dialogue entre l'Église et l'État, mise en place en 2000 par Lionel Jospin. «De nombreux points, prémices d'autres qui s'y ajouteront selon les nécessités, ont déjà été examinés», dit-il. Ainsi, un pas a été accompli il y a quelques mois pour la reconnaissance des diplômes délivrés par les universités catholiques.

Au passage, Benoît XVI glisse une précision lourde de sens. «Au nom du Saint-Siège, le nonce apostolique (l'ambassadeur du Vatican, NDLR) siège naturellement», dans cette instance. Autrement dit : l'enjeu n'est pas la défense d'une communauté parmi d'autres au sein de la société française ce serait le rôle des seuls évêques de France , mais la prise en compte par la France d'une vision portée par l'Église catholique en tant que telle.

En revenant sur ce thème de la laïcité, Benoît XVI a en quelque sorte encouragé le chef de l'État à ne pas renoncer à son ouverture sous prétexte de polémique. Une polémique qui est d'ailleurs restée limitée durant le week-end.

6) France-Soir :

http://www.francesoir.fr/politique/2008/09/15/polemique-bataille-autour-de-la-laicite.html

France-Soir : 

Polémique - Bataille autour de la laïcité

Thomas De Rochechouart, le lundi 15 septembre 2008 à 04:00

« La laïcité positive » défendue vendredi par le chef de l’Etat a provoqué une multitude de réactions au sein de la classe politique.

(France-Soir les évoque les unes après les autres)

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Mercredi 10 septembre 2008 3 10 /09 /Sep /2008 10:58
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http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/09/09/le-sejour-du-pape-en-france-suscite-inquietude-et-critiques-des-laics_1093138_3224.html

 

Les visites papales en France donnent traditionnellement lieu à des manifestations d'associations attachées à une stricte séparation des Eglises et de l'Etat. La venue de Benoît XVI, du 12 au 16 septembre, à Paris et à Lourdes, suscite les inquiétudes de divers mouvements laïques, d'associations de défense des droits des femmes et de syndicats.

 

La Fédération nationale de la libre pensée, présidée par l'ancien secrétaire général de Force ouvrière, Marc Blondel, s'insurge contre le financement public du séjour du pape en France. Chef spirituel des catholiques, le pape a aussi un statut de chef d'Etat (le Vatican), qui bénéficie, lors de ses déplacements à l'étranger, du protocole réservé aux responsables politiques par le ministère des affaires étrangères.

Les frais liés à la réception officielle du pape et le transport de sa délégation seront donc pris en charge par l'Etat. En revanche, les pouvoirs publics mettent en avant la facture (quelques dizaines de milliers d'euros) qui devrait être présentée à l'Eglise catholique pour l'utilisation de l'Ecole militaire comme centre de presse ainsi que des jardins et salons des Invalides à Paris.

Le coût du séjour - environ 3 millions d'euros - devrait être pris en charge par l'Eglise, qui compte sur les dons des fidèles. Sur ce budget, le poste le plus important est consacré à l'installation des écrans géants devant permettre aux fidèles de suivre les prises de parole de Benoît XVI. A Paris, le pape sera hébergé à la nonciature (l'ambassade du Vatican) puis, à Lourdes, dans des locaux des sanctuaires.

La Libre Pensée s'inquiète aussi du dispositif de sécurité prévu pour l'accueil d'une personnalité présentée comme l'une des plus menacées au monde. Quelque 6 000 policiers et gendarmes seront mobilisés pour le protéger et éviter les manifestations hostiles, comme c'est le cas à chacun de ses voyages à l'étranger.

L'association laïque estime que "le gouvernement, faisant soumission au Vatican, entend interdire toute voix discordante". Elle organise un meeting à Paris, dimanche, "contre le financement public des activités cultuelles, pour la laïcité en Europe et pour la séparation des Etats et des religions".

Sous le slogan "Remballe ton pape", des associations de défense des droits de la femme appellent à protester, vendredi, contre l'intervention de l'Eglise catholique dans les affaires publiques, les positions du pape sur le droit à l'avortement ou à la contraception et "l'écoute bienveillante" de ses propos "par nombre de responsables politiques français". Elles ne manqueront pas d'épingler la présence - "à titre privé" - du premier ministre ainsi que des ministres de l'intérieur, de l'éducation, du logement et de la culture à la messe célébrée à Paris par Benoît XVI.

Stéphanie Le Bars

Par jpylg - Publié dans : 4) revuedepresse
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