Dimanche 9 novembre 2008 7 09 /11 /2008 14:12

Les dignitaires cathos et les dignitaires musulmans se sont séparés à l'issue de leur forum tenu à Rome du 4 au 6 novembre, non sans avoir publié un communiqué commun et avoir décidé d'une nouvelle rencontre dans deux ans.

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Ils sont parfaitement satisfaits les uns des autres. Ils le seraient sans doute beaucoup moins s'ils avaient eu le courage d'affronter les vraies questions qui les opposent.

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Pour en savoir plus, ou du moins pour savoir ce que la presse bien pensante en dit, voir mon blog, rubrique revue de presse ; l'adresse est : 


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1) La Croix :

http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2355206&rubId=4078

06/11/2008 13:07

Musulmans et catholiques marquent une nouvelle étape dans leur dialogue


Un message commun signé par les membres du Forum islamo-catholique, rendu public jeudi 6 novembre au terme de trois journées de discussions, reconnaît la liberté de culte en privé et en public


C’est la méthode Benoît XVI. Deux ans après le discours de Ratisbonne, on peut sans doute affirmer avec lui que le Forum islamo-catholique qui s’est tenu cette semaine a bien marqué « une étape de plus dans une meilleure compréhension entre musulmans et chrétiens ». 


Pas de grands gestes symboliques, si ce n’est une rencontre, jeudi matin, extrêmement chaleureuse, dans les appartements du pape. Mais une vraie discussion de deux jours, à huis clos, sur des sujets difficiles, pas toujours consensuels. Et un message final dans lequel est notamment reconnue la liberté de culte, en privé comme en public.


Finalement, en mettant l’accent, à Ratisbonne, sur le lien nécessaire entre raison et foi, et en défiant l’islam de faire ce lien aujourd’hui, le pape a sans doute provoqué cette rencontre de haut niveau. Tous les intervenants étaient d’accord pour reconnaître l’exceptionnel sérieux des débats. Comme l’a dit avec finesse Seyyed Hossein Nasr, « nous avons bien observé une vraie convergence entre nous sur les relations entre foi et raison ». 


La règle du silence, imposée par le cardinal Jean-Louis Tauran à l’ensemble des participants durant toute la semaine, et qui a été vraiment respectée, y a sans doute contribué. De même que le très haut niveau des participants, avec un nombre non négligeable d’universitaires et de chercheurs de part et d’autre. « Il y a eu une vraie écoute, témoigne encore un des musulmans. Nous nous sommes parlé franchement, avec charité, ou, comme nous disons, miséricorde. »

Les participants ont pu aborder les points qui fâchent

Charité ou miséricorde ? En tout cas, à huis clos, les participants ont pu aborder les points qui fâchent. Certains moments furent très forts, témoigne l’un d’eux, lorsque Mgr Paul Hinder a très clairement posé la question du manque de libertés religieuses en monde arabe. Ou encore, avec les propos émouvants tenus par Mgr Jean-Clément Jeanbart, archevêque greco-melchite d’Alep en Syrie. 


Les musulmans, de leur côté, ont évoqué leur difficulté avec un prosélytisme chrétien jugé trop agressif, et qui s’appuie sur la puissance technologique et financière de pays occidentaux. « Nous voulons être compris non comme diplomates, a encore dit Seyyed Hossein Nasr, mais comme chercheurs religieux sincères devant Dieu et responsables devant lui plus que devant les autorités du monde. » « Nous nous sommes débarrassés de nos étiquettes de représentants du Vatican pour parler avec notre cœur », reconnaît de son côté un des catholiques.


« Sur le fond, il n’y a aucune nouveauté, explique cependant un des experts catholiques. Mais la méthode et le climat l’ont été : nous avons essayé de voir concrètement comment le monde avait besoin du religieux dans une société sécularisée, pour tisser la paix sociale. » 

"Un acte courageux et responsables"

Le message commun, rendu public jeudi soir, tient en trois pages : une présentation de l’amour de Dieu et du prochain, pour les chrétiens et les musulmans, puis des affirmations sur un certain nombre d’engagements communs dans le monde, en matière de formation de la jeunesse, de développement social et économique, et surtout de liberté. Il comprend aussi, à la demande des musulmans, une affirmation sur le terrorisme, qui n’est pas le fait d’une seule religion, et aussi une condamnation de toute dérision de la religion et de ses symboles.


« Cela ne fut pas évident, avoue cependant un des participants catholiques, plus mitigé après trois jours de discussion. D’abord, on a parfois le sentiment que les musulmans veulent profiter de l’Église pour se donner une image de respectabilité. Et puis, ils cherchent à nous embarquer sur des problèmes politiques, notamment la Palestine. Enfin, il a été difficile de se mettre d’accord sur la liberté religieuse. » 


C’est en effet sur le point 5 du message final, sur la liberté de culte, discuté jusqu’à la dernière minute, que les discussions furent le plus tendues. Les musulmans étaient très réticents à introduire la reconnaissance de la liberté de culte en public. Grâce au mufti de Bosnie-Herzégovine, qui a expliqué qu’il fallait aussi le faire pour les musulmans qui vivent en Europe, les catholiques ont eu gain de cause sur ce point. « Nos interlocuteurs musulmans nous ont bien confié qu’ils savaient que ce geste serait très mal perçu par certains de leurs coreligionnaires. C’est de leur part un acte courageux et responsable », confiait, ému, un participant catholique en sortant du Vatican. Dans le message, les participants sont convenus de se retrouver dans deux ans.

 

Isabelle DE GAULMYN, à Rome


2) Le Monde :

http://www.lemonde.fr/europe/article/2008/11/07/benoit-xvi-appelle-les-musulmans-au-respect-de-la-liberte-religieuse_1116040_3214.html

ROME ENVOYÉE SPÉCIALE

Recevant, jeudi 6 novembre, les dignitaires musulmans réunis à Rome pour trois jours de discussions théologiques et sociologiques avec des responsables catholiques, le pape Benoît XVI leur a clairement rappelé sa préoccupation de voir respectée "la liberté religieuse pour tous et partout". "Les responsables politiques et religieux ont le devoir d'assurer le libre exercice des droits fondamentaux dans le plein respect de la liberté individuelle de conscience et de la liberté religieuse", a-t-il déclaré lors de l'audience qu'il a accordée aux participants à cette première édition du Forum catholiques-musulmans.

Selon le pape, la conception différente que musulmans et chrétiens se font de Dieu ne doit pas les empêcher de manifester leur "respect mutuel". S'il ne fait pas officiellement de la "réciprocité" et de la liberté religieuse une condition préalable au dialogue islamo-chrétien, le Vatican s'inquiète régulièrement des violences commises à l'égard des minorités chrétiennes dans les pays musulmans et de l'interdiction de pratiquer la religion catholique, notamment en Arabie saoudite.

Côté musulman, les participants se sont aussi saisis de ce sujet sensible. Tout en rappelant que musulmans et chrétiens "croient les uns et les autres à la liberté religieuse", l'universitaire américain Seyyed Hossein Nasr a mis en garde contre "un prosélytisme agressif qui détruirait notre foi au nom de la liberté". Quant au mufti de Bosnie, Mustafa Ceric, chef de la délégation musulmane, il a rappelé "le génocide subi par (ses) frères bosniaques musulmans" pendant la guerre en ex-Yougoslavie.

Après trois jours de discussions "chaleureuses", "à la franchise inédite", les deux délégations se sont mises d'accord sur une déclaration commune qui appelle au "respect de la personne et de ses choix en matière de conscience et de religion" et défend le "droit pour les individus et les communautés de pratiquer leur religion en privé et en public" ; ce dernier point a été l'un des plus discutés. Le texte final condamne aussi "l'oppression, la violence et le terrorisme, particulièrement celui commis au nom de la religion". "Nous n'étions pas là pour défendre chacun nos minorités, mais pour être au service de la paix et de l'humanité", a estimé Mgr Michel Santier, membre de la délégation catholique...

Le pape s'est aussi félicité de cette rencontre qui marque "un pas supplémentaire sur la voie d'une meilleure compréhension entre musulmans et chrétiens." Reflétant le sentiment général, le chef de la délégation musulmane a fait le pari que l'élection de M. Obama à la présidence des Etats-Unis ne pouvait qu'engendrer "une meilleure compréhension entre musulmans et chrétiens". C'est là, précisément, l'enjeu politique de ce Forum qui devrait se réunir dans deux ans dans un pays musulman.

Stéphanie Le Bars

Par jpylg - Publié dans : 4) revuedepresse
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