15) L'Apôtre de l'anathème

Lundi 5 février 2007 1 05 /02 /2007 20:07
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L'Apôtre de l'anathème


une lecture inhabituelle de Saint Paul


    Ce petit opuscule de 70 pages  est très cher à mon coeur; cependant, il ne compte qu'une seule page, très courte, de ma plume et, si je ne me sentais tenu par un quelconque devoir d'authenticité, je la supprimerais car elle ne correspond plus du tout à la façon dont je vois, en 2007 Paul et le problème posé, selon moi, par Paul vis à vis de la figure de Jésus, tel que je le voyais dix ans plus tôt.  En outre, je traite Paul, par exemple,  de "psychopathe" (que je rends responsable du malaise de notre civilisation); je n'écrirais plus cela aujourd'hui, pour de  nombreuses raisons, entre autres parce que j'ai découvert que la violence verbale qu'il met en oeuvre dans ses écrits est très modérée, par rapport au style général du lieu et de l'époque.













































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    Mais ce livre m'est cher, car c'est ma lecture systématique de  Saint-Paul, entreprise dans les années 1990 qui est à l'origine de mon attitude critique à l'égard non seulement du christianisme, mais des professionnels de la religion chrétienne.

    Ce qui s'était passé, dans ces années, c'est que, lisant ces célèbres épitres, j'en étais venu à remarquer un certain nombre de passages qui me semblaient fort intéressants et que, jusqu'alors, je ne connaissais pas car  force était de constater qu'on ne les lisait jamais dans les offices religieux. J'en ai retenu 52 pour cette publication ; (vous pourrez en lire quelques-uns) ci-après .

    Ce qui m'étonnait, c'était la radicale différence d'inspiration qui sautait aux yeux entre les propos que l'histoire prêtait à Jésus-Christ dans les Evangiles canoniques et les propos tenus par l'auteur des Epitres.

    Au regard d'une telle différence, comment le second pouvait-il bien se réclamer du premier ?

    Mais ce qui était encore bien plus étonnant, c'était les réactions que ma recherche, et mon questionnement allaient déclencher.

    En effet, j'entrepenais alors de me lancer dans la lecture d'un certain nombre d'ouvrages de commentateurs pauliniens patentés. Un constat s'imposait : 'ils n'étaient absolument pas sensibles, pour leur part, à une telle différence ni à un tel type de problème.

    Etait-ce donc que je fantasmais un problème inexistant ? Il se trouve que, dans mes lectures, je rencontrais à l'occasion des commentateurs qui n'étaient pas chrétiens et qui, tels Freud ou Nietzsche, par exemple, voyaient dans Paul un "monument de haine".

    Je posais la question autour de moi dans des cours de formation à la religion catholique que je suivais alors. Je constatais que je créais une grande gêne et qu'il valait mieux ne pas insister. Je m'inscrivis même en 1994-1995, à la formation spécifique dispensée sur Saint-Paul par l'Ecole Cathédrale de Paris. C'est là que je m'entendis dire que le but de la vie chrétienne était de devenir saint, non pas de devenir savant.  Je ne sais pas si je suis devenu savant et paraphrasant Jeanne d'Arc à son procès, si on me posait aujourd'hui la question, je répondrais que j'aimerais bien l'être. Je doute, en tous cas, que je sois devenu saint, et certainement pas au sens où mes interlocuteurs l'entendaient.

    En tous cas, c'est à partir de cette expérience  de la lecture de Saint-Paul que j'allais entreprendre une approche méthodique des origines du christianisme. Il  ne me fallut pas longtemps pour comprendre que Paul et Jésus pouvaient effectivement considérablement différer : Paul ne connaissait à peu près rien de Jésus et après leur rencontre sur le chemin de Damas, Paul n'avait pas eu à s'informer longtemps pour, nonobstant cette totale ignorance de la personne de Jésus, commencer à évangéliser avec le dynamisme irrésistible que la tradition lui prête : C'est que les Actes des Apôtres nous apprend : "...quand il se fut alimenté, il reprit des forces. Il passa quelques jours avec les disciples de Damas et sans attendre, il proclamait dans les synagoques que Jésus est le Fils de Dieu. Tous ceux qui l'entendaient en restaient stupéfaits..."( Actes, 9, 19/21)

    C'est-à-dire que l'homme de 2007 qui se donne simplement la peine d'aller acheter le Nouveau Testament en livre de poche, en sait beaucoup plus sur Jésus de Nazareth que n'en a jamais su l'Apôtre Paul, même au terme de sa carrière.

    Il me fallut beaucoup plus de temps pour comprendre, si toutefois il s'avère qu'aujourd'hui j'ai compris, les raisons qui amenaient les chrétiens à refuser de voir un anomalie telle que l'incompatibilité radicale entre quantité de paroles de Paul et l'inspiration générale de Jésus, ( ou, du moins, ce Jésus  que l'on présente dans les évangiles canoniques.)

    C'est donc dans les années 1995-1996 qui coïncidaient avec la fin (un peu prématurée) de ma vie professionnelle que j'entrepris l'étude systématique des origines du christianisme. Cela m'amena à faire, dès 1998, un long détour par la philosophie, car je tiens que l'on ne comprend rien aux origines du christianisme si l'on n'a pas un minimum de compréhension du formidable conflit qui opposait entre eux dans l'antiquité gréco-romaine les différents systèmes de pensée, systèmes philosophiques et systèmes religieux.

    En revanche, j'ai découvert que si l'on prend le temps de s'informer un peu, l'historiographie classique, qui est toujours, selon moi, sous l'emprise de la théologie catholique, de la manière la plus insidieuse, apparait alors pour ce qu'elle est: c'est-à-dire d'une insoutenable fragilité et, par voie de conséquence, les origines du christianisme extrêmement différentes de ce que l'on nous dit.

    J'ai regroupé les 52 citations que, à tort ou à raison, je considère comme problématiques - et dont, objectivement, il faut bien constater qu'on ne les entend jamais dans les célébrations liturgiques en quatre thèmes que j'ai intitulé :
I. L'anathèmatisation de la différence.
II. La haine de l'autre.
III Le mépris de la femme.
IV La soumission à l'autorité.

Voici le  fac-similé de mon commentaire, du sommaire et de quelques pages.




























































































ci-dessous, les deux premières citations de la première partie :






























































































je mettrai un peu plus tard, quelques autres citations pour illustrer les trois
autres thèmes...

Par jpylg - Publié dans : 15) L'Apôtre de l'anathème
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