Vendredi 25 mai 2007
L'article ci-dessous a été publié sur fr.soc.religion, le 25 mai vers 10h30, sous le titre :
Le point de vue du livre libre sur le Jésus de Benoit XVI et son compte-rendu dans les média
"Je serai bref sur ce sujet, car il est impossible, à mon avis, de dire grand chose là-dessus, sans être entraîné dans de longs développements, incompatibles avec le cadre restreint d'articles de journaux et encore plus de posts d'internet.
Le rapport entre les 4 évangiles canoniques qui nous informent sur Jésus et la naissance réelle de la religion chrétienne est le sujet de mon livre, "la déconstruction du christianisme", sur lequel je travaille, que je ne prévois pas d'avoir fini, dans le meilleur des cas avant la fin de cette année et dont, de temps en temps, je donne des extraits sur fr.soc.religion,ce que je ferai de plus en plus souvent.
J'aimerais beaucoup, d'ailleurs, pouvoir le faire court,ce livre, mais il me semble que c'est impossible. Des trois articles de presse que je viens de mettre en ligne, seul celui du Nouvel Observateur présente un réel intérêt, en ceci qu'il donne la parole à un expert reconnu dans le monde des sciences religieuses, c'est-à-dire Daniel Marguerat.
Les propos de Marguerat sont extrêmement importants, mais pour les apprécier, il faut connaître son oeuvre et sa personne. C'est un professeur de théologie et il illustre à merveille l'ambiguité fondamentale qui règne dans les sciences religieuses sur le rapport respectif entre l'approche par la foi et l'approche par la raison. Non seulement Marguerat est un théologien-historien, ce qui est tout le problème des sciences religieuses, mais il est aussi pasteur de l'Eglise évangélique.
Pour apprécier cette interview qui fait référence à la "Troisième quête du Jésus historique", il faut savoir aussi ce que sont ces trois quêtes;
Le résumé qu'il en fait est insuffisant, bien que, dans le cadre d'une interview, il soit impossible d'en dire davantage. Mais il pourrait au moins dire qu'on en est aujourd'hui à la quatrième quête.
Avec une perfidie digne du jésuite qu'il n'est pas (quoique), Daniel Marguerat dénonce l'ambiguité de Benoit XVI. Pour apprécier ce propos à sa juste valeur, il faut savoir que Marguerat est lui-même un prince de l'ambiguité et qu'il est d'ailleurs impossible à tout théologien-historien de fonctionner autrement.
J'en arrêterai là, sauf à ajouter que quand il dit que Jésus est "le personnage historique le mieux attesté de toute l'antiquité"; il galège. J'imagine qu'il a voulu introduire un moment de détente dans une interview qu'il craignait, non sans raison, de faire un peu trop soporifique. Le
résultat est atteint.
Je conteste absolument qu'il soit exact que, sur la question de l'historicité de Jésus, on sache quoique ce soit de plus que du temps de Renan. Oui, sur l'environnement culturel et politique de Jésus, on sait énormément de choses en plus; mais sur la question de son existence réelle, on ne sait pas un mot de plus.
Ce qui est exact, c'est que la théorie de l'inexistence de Jésus qui se fonderait sur cette absence de preuves et qui avait cours à la fin du XIXème siècle et au début du XXème a été abandonnée. Plus personne ne la défend. Mais cela n'établit en rien la preuve de l'existence historique.
Tout ce qu'on peut dire, rationnellement, c'est que l'existence historique de Jésus est hypothétique. En dire plus, qu'elle est probable (ce que personnellement je pense) ou qu'elle est improbable (ce que pensent beaucoup de personnes qui, contrairement aux théologiens-historiens patentés n'ont pas le droit à la parole) c'est déjà faire de l'interprétation idéologique.
Pour sortir une calembredaine de la taille du "personnage historique le mieux attesté", il faut que Marguerat soit certain, comme le Pape Benoit XVI, qu'il ne sera jamais contredit, ayant une parfaite confiance dans le "consensus" et sachant que ceux qui pensent autrement sont au silence ou sont à peu inaudibles au milieu du matraquage médiatique.
Ce sera le cas de "la déconstruction du christianisme" , mon livre à venir, si Dieu le veut, et dont je peux déjà prophétiser qu'il ne bénéficiera pas, pour son lancement, des salons de l'Unesco.
Un dernier mot sur le "consensus" que tous ces théologiens-historiens invoquent pour accréditer leur bidonnage : je rappellerai donc ces fines remarques d'un autre théologien-historien, (car on peut bidonner à un moment et dire vrai à un autre, et c'est ce qu'ils font tous), voici donc ce que dit à propos du consensus, François Vouga, dans son livre paru il y a une dizaine d'années, intulé "Les premiers pas du christianisme" : "Une histoire du christianisme primitif ne peut pas se contenter de rendre compte de consensus. Un consensus, et même un consensus scientifique, n'est pas un critère de vérité".
Quand vous rencontrez un théologien-historien qui évoque le consensus, invitez-le à en dire plus et vous constaterez qu'il deviendra muet comme une carpe. C'est qu'en réalité que le consensus porte uniquement sur l'opportunité de taire le désaccord général. Sur ce point précis, il est parfait, total. C'est vrai. Et c'est tout. (1)
jean-paul yves le goff
http://www.lelivrelibre.net
(1) dans l'un des prochains posts que je mettrai en ligne sur "la déconstruction du christianisme", je parlerai de la datation des évangiles et, là, on verra ce que vaut le consensus."
Le point de vue du livre libre sur le Jésus de Benoit XVI et son compte-rendu dans les média
"Je serai bref sur ce sujet, car il est impossible, à mon avis, de dire grand chose là-dessus, sans être entraîné dans de longs développements, incompatibles avec le cadre restreint d'articles de journaux et encore plus de posts d'internet.
Le rapport entre les 4 évangiles canoniques qui nous informent sur Jésus et la naissance réelle de la religion chrétienne est le sujet de mon livre, "la déconstruction du christianisme", sur lequel je travaille, que je ne prévois pas d'avoir fini, dans le meilleur des cas avant la fin de cette année et dont, de temps en temps, je donne des extraits sur fr.soc.religion,ce que je ferai de plus en plus souvent.
J'aimerais beaucoup, d'ailleurs, pouvoir le faire court,ce livre, mais il me semble que c'est impossible. Des trois articles de presse que je viens de mettre en ligne, seul celui du Nouvel Observateur présente un réel intérêt, en ceci qu'il donne la parole à un expert reconnu dans le monde des sciences religieuses, c'est-à-dire Daniel Marguerat.
Les propos de Marguerat sont extrêmement importants, mais pour les apprécier, il faut connaître son oeuvre et sa personne. C'est un professeur de théologie et il illustre à merveille l'ambiguité fondamentale qui règne dans les sciences religieuses sur le rapport respectif entre l'approche par la foi et l'approche par la raison. Non seulement Marguerat est un théologien-historien, ce qui est tout le problème des sciences religieuses, mais il est aussi pasteur de l'Eglise évangélique.
Pour apprécier cette interview qui fait référence à la "Troisième quête du Jésus historique", il faut savoir aussi ce que sont ces trois quêtes;
Le résumé qu'il en fait est insuffisant, bien que, dans le cadre d'une interview, il soit impossible d'en dire davantage. Mais il pourrait au moins dire qu'on en est aujourd'hui à la quatrième quête.
Avec une perfidie digne du jésuite qu'il n'est pas (quoique), Daniel Marguerat dénonce l'ambiguité de Benoit XVI. Pour apprécier ce propos à sa juste valeur, il faut savoir que Marguerat est lui-même un prince de l'ambiguité et qu'il est d'ailleurs impossible à tout théologien-historien de fonctionner autrement.
J'en arrêterai là, sauf à ajouter que quand il dit que Jésus est "le personnage historique le mieux attesté de toute l'antiquité"; il galège. J'imagine qu'il a voulu introduire un moment de détente dans une interview qu'il craignait, non sans raison, de faire un peu trop soporifique. Le
résultat est atteint.
Je conteste absolument qu'il soit exact que, sur la question de l'historicité de Jésus, on sache quoique ce soit de plus que du temps de Renan. Oui, sur l'environnement culturel et politique de Jésus, on sait énormément de choses en plus; mais sur la question de son existence réelle, on ne sait pas un mot de plus.
Ce qui est exact, c'est que la théorie de l'inexistence de Jésus qui se fonderait sur cette absence de preuves et qui avait cours à la fin du XIXème siècle et au début du XXème a été abandonnée. Plus personne ne la défend. Mais cela n'établit en rien la preuve de l'existence historique.
Tout ce qu'on peut dire, rationnellement, c'est que l'existence historique de Jésus est hypothétique. En dire plus, qu'elle est probable (ce que personnellement je pense) ou qu'elle est improbable (ce que pensent beaucoup de personnes qui, contrairement aux théologiens-historiens patentés n'ont pas le droit à la parole) c'est déjà faire de l'interprétation idéologique.
Pour sortir une calembredaine de la taille du "personnage historique le mieux attesté", il faut que Marguerat soit certain, comme le Pape Benoit XVI, qu'il ne sera jamais contredit, ayant une parfaite confiance dans le "consensus" et sachant que ceux qui pensent autrement sont au silence ou sont à peu inaudibles au milieu du matraquage médiatique.
Ce sera le cas de "la déconstruction du christianisme" , mon livre à venir, si Dieu le veut, et dont je peux déjà prophétiser qu'il ne bénéficiera pas, pour son lancement, des salons de l'Unesco.
Un dernier mot sur le "consensus" que tous ces théologiens-historiens invoquent pour accréditer leur bidonnage : je rappellerai donc ces fines remarques d'un autre théologien-historien, (car on peut bidonner à un moment et dire vrai à un autre, et c'est ce qu'ils font tous), voici donc ce que dit à propos du consensus, François Vouga, dans son livre paru il y a une dizaine d'années, intulé "Les premiers pas du christianisme" : "Une histoire du christianisme primitif ne peut pas se contenter de rendre compte de consensus. Un consensus, et même un consensus scientifique, n'est pas un critère de vérité".
Quand vous rencontrez un théologien-historien qui évoque le consensus, invitez-le à en dire plus et vous constaterez qu'il deviendra muet comme une carpe. C'est qu'en réalité que le consensus porte uniquement sur l'opportunité de taire le désaccord général. Sur ce point précis, il est parfait, total. C'est vrai. Et c'est tout. (1)
jean-paul yves le goff
http://www.lelivrelibre.net
(1) dans l'un des prochains posts que je mettrai en ligne sur "la déconstruction du christianisme", je parlerai de la datation des évangiles et, là, on verra ce que vaut le consensus."
